La Fête de Printemps
La
Fête de Printemps, le Nouvel An Lunaire, est la plus importante fête
traditionnelle en Chine. Elle est appelée « nian » (année) ou « xin
nian » (nouvel an) en chinois. Le caractère chinois « nian » est le
caractère le plus ancien signifiant « récolte ».
Histoire et légende
Depuis de nombreux millénaires en Chine, le calendrier lunaire
agricole est toujours resté en usage. Après la révolution de 1911, qui a
mis fin à la dynastie des Qing, le calendrier grégorien a été
officiellement adopté.
Pour distinguer la nouvelle année du calendrier grégorien du
calendrier lunaire, les gens ont commencé à appeler ce dernier « la Fête
du Printemps », car elle commence souvent avant ou après le « Li Chun »,
le commencement du printemps. La célébration de la Fête du Printemps est
plus ou moins identique à travers le pays.
Wang Anshi de la dynastie des Song (960-1279), décrit dans son poème
les scènes joyeuses du nouvel an (lunaire) à son époque :
« Au milieu du bruit des pétards, une année est finie.
Avec la brise printanière insufflant la chaleur dans le vin « tu su »
Comme le soleil matinal brille au-dessus des portes de chaque
maisonnée
Les images du Dieu de la Vieille Porte sont sûres d’être remplacées
par des charmes de pêcher. »
Pétards et feux d’artifice
Les pétards nous ont été transmis par les anciens qui utilisaient
d’abord des tiges de bambous, car ils ont des nœuds et ils sont creux.
Quand ces derniers ont brûlé, l’air à l’intérieur augmente et après
avoir chauffé, les tiges s’ouvrent et craquent. Plus tard, on a placé de
la poudre dans les tiges de bambou puis celles-ci ont été remplacées par
des rouleaux de papier. A la fin de la dynastie des Qing (1644-1911), on
trouvait déjà des ateliers spécialisés dans toutes les sortes de
pétards.
D’abord, les gens allument les pétards dans l’intention de faire
partir les mauvais esprits, supprimer les démons et rechercher le
bonheur. Une légende raconte qu’une bête difforme et étrange, dont le
corps ressemblait à celui d’un être humain et qui était très féroce,
voulait se cacher dans des montagnes éloignées. Vers la fin de chaque
année, elle avait l’habitude de sortir pour tuer des gens et des
animaux. Cependant, elle était apeurée par la lumière et le bruit. Quand
elle entendait le bruit des pétards, elle était si effrayée qu’elle
fuyait. C’est pour cela que, au début et à la fin de chaque année, les
gens font éclater des pétards pour ne pas être dérangés par la bête.
Le bruit des pétards est entendu à l’intérieur et à l’extérieur des
maisons, surtout dans les zones rurales. Les pétards provoquent une
grande joie chez les gens, surtout chez les enfants pendant les vacances
du nouvel an. Les lois récentes interdisent d’allumer des pétards dans
les villes. Les gens ont peur que cela cause un incendie ou ne blesse
quelqu’un. Malgré ces lois, beaucoup de Chinois partent dans la campagne
faire éclater leurs pétards pour la Fête de Printemps.
Les Dieux de la Porte
Pendant le Nouvel An, il existe une vieille coutume qui consiste à
afficher des images des Dieux de la Porte. Il y a beaucoup de contes et
de légendes intéressants sur lesDieux de la Porte. L’une d’elles
provient de Qin Qiong et de Yu Chigong. Elle raconte que Li Shimin,
l’empereur Taizong de la dynastie des Tang, tomba malade, et qu’il avait
entendu des fantômes hanter son rêve. Le matin suivant, il raconta son
rêve à ses officiers Qin Qiong et Yu Chigong.
Ces derniers, qui étaient généraux, et qui l’avaient aidé à fonder
l’Empire Tang, enfilèrent leurs armures et firent la garde pendant la
nuit devant la chambre impériale. Désormais, l’empereur ne rêva plus de
fantômes. Pourtant, il pensait c’était incorrect pour ses deux généraux
de garder sa chambre nuit après nuit. Il demanda de peindre deux images
de ces deux généraux qu’il suspendit sur l’entrée du palais comme
« Dieux de la Porte ». Comme l’histoire se répandit très loin, beaucoup
de gens ordinaires accrochèrent sur leurs portes les mêmes images pour
supprimer les mauvais esprits.
Les images du nouvel an sont un élément important dans la célébration
de la Fête du Printemps. Les thèmes de ces images comprennent « La
moisson exceptionnelle des cinq principales céréales », « Le poisson
rebondissant » (le mot « poisson » en chinois a la même prononciation
que le mot « abondance »), « Enfant potelé », « Les fleurs et les
oiseaux ».
Couplets de voeux
Aujourd’hui, les paysans et les habitants des petites villes
accrochent les images du Nouvel An sur leurs portes ou sur les murs à
l’intérieur.
Les « Chum Lian » sont des couplets que l’on accroche sur les portes
durant la Fête du Printemps. Ils veulent dire :
« La meilleure chose et les trésors du paradis » ; « Jours de Paix,
Nouvelle Année, Ancienne Année » ; « Un Printemps chanceux, cette année,
chaque année ».
Les couplets du Printemps sont originaires du « charme du pêcher »,
dans les temps anciens. Il fallait abandonner les choses anciennes et
entrer dans la nouveauté. C’étaient de tout petites assiettes de forme
rectangulaire et faits de bois de pêcher. Dans la dynastie des Song, le
papier était utilisé à la place des assiettes en bois pour écrire des
couplets de Printemps. Dans la dynastie des Ming, encouragé par
l’empereur Taizu, les couplets de Printemps devinrent à la mode. Le jour
de l’an après qu’il ait fait de Nankin sa capitale, il décida un décret
impérial demandant que tous les officiers, les étudiants et la
population aient à afficher plusieurs couplets sur leurs portes. Comme
il voyageait plus tard, il fut très contents de voir ses couplets de
Printemps colorés. La pratique de suspendre ces couplets de Printemps
est encore suivie depuis ce jour. Cependant, les couplets classiques
sont très différents de ceux du passé en ce qui concerne leur
signification. Ils décrivent maintenant la prospérité nationale où
honorent les magnifiques paysages du pays, ou exprime encore des
souhaits d’avenir meilleur pour la population.
Plats du Nouvel An chinois
Durant la Fête du Printemps, les Chinois mangent beaucoup. Dans le
nord de la Chine, le plat le plus populaire est le « Jiaozi ». Il est
connu depuis longtemps comme « Bianshi », soit « nourriture plate ».
C’est une sorte d’en-cas fait soit avec de la farine de blé ou de riz
avec dedans une farce. Ceux à la vapeur sont appelés « raviolis chauds à
la farine», alors que ceux bouillis dans l’eau sont appelés «raviolis
d’eau ». Les gens considèrent les Jiaozi comme un plat favori,
probablement parce que c’est une combinaison à la fois de nourriture de
base (farine) et d’autre nourriture (la viande et les légumes à
l’intérieur) ; ils sont faciles à préparer.
Dans le sud de la Chine, pendant le Nouvel An, le riz pour les repas
est lavé plusieurs jours avant et appelé « Wan Nian Liang »,
c’est-à-dire « riz de dix mille ans », pour suggérer que chaque année,
il y aura du riz à profusion. Les plats sur la table incluent
naturellement du poulet, du canard, du poisson et du porc. « Niangao »,
le gâteau du Nouvel An est le meilleur, le plus collant, le meilleur
parce que les mots « gâteau collant » sont prononcés de la même façon
que « Niangao » et le gâteau collant du Nouvel An peut être interprété
comme un accroissement des biens et une amélioration de la vie courante
chaque année.
Pour le petit-déjeuner du jour du Nouvel An, des Jiaozi ronds sont
servis pour symboliser une réunion de famille. Durant la veille de la
Fête de Printemps, c’est la coutume de veiller très tard ou toute la
nuit et de prier pour la paix et pour la nouvelle année à venir. Pendant
cette nuit, chaque maison est éclairée dans l’espoir que tout ce qui
pourrait apporter de la malchance puisse être amené à disparaître.
Le Nouvel An jour après jour
La nouvelle année arrive à minuit pile. Dans le « Yuan Dan », ce qui
veut dire « le premier matin de la nouvelle année », la première chose à
faire est de faire péter des pétards et de faire brûler de l’encens pour
fêter le retour des divinités et de présenter ses respects aux anciens.
Ce jour-là, chacun, hommes et femmes, vieux et jeunes, reçoit les
mains jointes des nouveaux vêtements. Quand les plus jeunes adressent
leurs vœux de bonne année aux aînés, ces derniers leur offrent de
l’argent enveloppé dans un papier rouge, ce qui s’appelle « Ya Sui
Qian », et ce qui veut dire « Argent à garder pour l’année », ou bien
« Hong Bao ». Les enfants portant des habits neufs, des chaussures et
des chapeaux avec leurs « Ya Sui Qian » dans leurs poches, sont libres
d’acheter ce qu’ils veulent.
Le deuxième jour après le petit-déjeuner, il y a des visites entre
les parents et les amis qui s’apportent les uns aux autres des gâteaux
du Nouvel An, des oranges, des mandarines et des sucreries comme
cadeaux. L’hôte offrira à ses invités du thé et des cigarettes et après
de brefs vœux, les invités demanderont de partir pour visiter d’autres
amis ou parents.
Le troisième jour, il n’y a pas de visite. Les gens restent chez eux
et nettoient leurs maisons. Les ordures et les déchets sont brûlés dans
un champ. Les Chinois doivent brûler de l’encens et des bougies, faire
éclater des feux d’artifice et des pétards et se prosterner avec les
mains jointes pour faire disparaître les poussières et la pauvreté, pour
laisser rentrer la richesse et le bonheur.
Le quatrième jour est réservé aux femmes qui vont rendre visite à
leurs propres parents. Ce doit être le plus joyeux jour dans l’année
pour ce qui les concerne.
Le cinquième jour est considéré comme le jour où toutes les déesses
du ciel descendent sur le monde pour une visite d’inspection. Avant de
respecter les divinités, des sacrifices sont organisés : celui du bœuf,
du mouton et du cochon ou du poulet, du poisson et le cochon avec des
fruits. Les gens se prosternent pour demander la bénédiction des
divinités chinoises.
Danses du Nouvel An
Bref, chaque jour à partir de la veille du Nouvel An jusqu’au
quinzième jour du premier mois lunaire, il y a beaucoup de distractions.
Les danses des lions, des tambours et des spectacles de gong sont
organisées pour les célébrations du Nouvel An, surtout dans les
campagnes du sud de la Chine. Les cérémonies de mariage abondent dans
les villes et dans les villages chinois à cette époque.
(Sophie, 3ème)